Tradition & Modernité

Entre tradition et modernité, le savoir-faire n'a de sens que dans la continuité

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Biographie

Après avoir obtenu en 2001 son diplôme des métiers d’art en ébénisterie à l’école Boulle il se consacre aux techniques de finitions traditionnelles et contemporaines.
Lors d’une conférence, il découvre la laque japonaise et commence à se passionner pour cette technique exceptionelle connue au Japon sous le nom d' »urushi ». en France, elle est communément appelée « laque végétale » en raison de la matière issue de la sève d’un arbre poussant dans de nombreuses régions d’Asie.Nicolas Pinon part en 2003 à Barcelone se former à l’EPSAR (Escuela Profesional Superior de Arte y Restauración) aux techniques de cette matière.Dès son retour à Paris, il entre dans l’atelier Brugier, où pendant 3 ans il se perfectionne en restauration et fabrique des décors pour des chantiers aux quatre coins du globe.

Pour parfaire son savoir, il décide de se rendre au Japon où, lors de son premier voyage en 2006, il fait connaissance du grand maître laqueur Nagatoshi Onishi, ancien professeur de l’université des Beaux-arts de Tokyo.
Lors de ses nombreux séjours près de ce maître comme apprenti, il y apprend notamment la technique ancestrale du kanshitsu, qui utilise depuis plus d’un millénaire toile, terre et laque pour fabriquer la structure des statues destinées aux temples. Aujourd’hui, les artistes utilisent cette même technique pour toute forme d’objet et de sculpture.

Devenu laqueur décorateur indépendant en 2008 il collabore à des projets signées Jacques Garcia et Joseph Karam.

Depuis 2013, il se consacre exclusivement à la laque japonaise et partage son activité entre la restauration et la création de bijoux ou de mobilier. Il collabore régulièrement avec l’atelier Richard Orfèvre sur des projets alliant argent et laque. En 2015, il a créé avec cette maison une collection de boutons de manchette.

Tout en travaillant la laque selon les techniques traditionnelles, il effectue des recherches, en utilisant les nouvelles technologies. Il travaille actuellement sur des supports souples en impression 3D et la gravure de la laque au laser.

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URUSHI

Un juste retour à la nature des choses 

L’urushi est une résine issue de la sève d’un arbre de la famille des Sumacs connue sous le nom latin de rhus verniciflua. On la récolte en procédant à des entailles dans le tronc durant les 4 mois de l’été.
Cette matière a une très grande valeur car on doit attendre au moins 10 ans avant de pouvoir en récolter la sève et on obtient d’un arbre seulement 100 à 200ml par an.
La laque est obtenue sans transformation chimique. La laque brute ou ki-urushi n’est obtenue que par filtration de la sève. Elle est de couleur crème et devient marron en s’oxydant à l’air libre.
La spécificité de l’urushi est qu’elle ne sèche qu’en étant placée dans des conditions de chaleur et d’humidité. Une fois sèche, elle est appropriée pour les contacts alimentaires et résiste à la plupart des acides.
Les laques plus raffinées sont obtenues en chauffant la matière pour évaporer une partie de l’eau contenue dans la sève et en ajoutant dans l’exemple de la laque noire de l’oxyde de fer.
Les japonais ont développé des techniques exceptionnelles dont celle du maki-e qui utilise des poudres métalliques pour créer des décors. Ils utilisaient aussi d’autres matériaux comme la coquille d’œuf, la nacre.
On peut laquer tous types de supports : le bois, le papier, le cuir, le métal, le verre, la céramique…

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